dimanche 9 février 2020

Axel FAHLCRANTZ (1851 - 1925)





   Nous complétons ici la note biographique d'Axel FAHLCRANTZ de ces quelques oeuvres crépusculaires, délicates invitations au songe.





dimanche 12 janvier 2020

François GUÉHO (1881 - 1951)





   Il y a presque dix ans de cela nous évoquions en une courte note biographique le peintre François GUÉHO (1881 - 1951). L’orthographe même du nom de l’artiste était alors sujette à caution* et son parcours se résumait en quelques images de peintures réalistes produites en Bretagne. Une décennie plus tard, les différentes œuvres apparues lors des ventes aux enchères ont éclairé le parcours du peintre. Mais chose rare, c’est un livre écrit de sa main qui nous révèle l’intimité de l’homme. Le manuscrit La Pierre d’achoppement découvert par sa petite-fille dans un placard nous conte avec sensibilité et érudition le combat intérieur d’un jeune homme partagé entre sa foi et l’amour d’une femme dans le Paris de 1900. Non sans émotion, sa petite fille évoque son aïeul dans la préface de ce roman autobiographique écrit en 1914 : "Fils de petits artisans né à Malestroit (Morbihan) en 1881, très solitaire, mais d’une nature passionnée, la vocation religieuse naquit chez lui au début de l’adolescence, échappatoire à une vie médiocre qui ne répondait pas à ses aspirations. Il entra alors au séminaire de La Pietà, à Paris : études brillantes, il se distingue par son intelligence, son appétit de connaissances et sa foi intense. Arrive l’épreuve du « régiment » où ce jeune homme mystique, épris de pureté, va se trouver confronté à la vie hors du séminaire. C’est le récit autobiographique de La Pierre d’achoppement, un séminariste convaincu, découvrant qu’il est aussi un homme… Ayant renoncé au sacerdoce, il suivit une carrière sans éclat, une vie médiocre d’un homme qui a fait ses choix. Peintre brillant – comme dans tout ce qu’il entreprenait, il excellait –, il vendit quelques tableaux de son vivant, mais pour nourrir sa famille nombreuse, il dut accepter un petit poste de gratte-papier dans une entreprise, emploi qui le mena de Concarneau à Nantes, puis à Bordeaux où il mourut en 1951, renversé par une voiture en traversant la rue. Après la mort de ma mère (sa seconde fille) je dénichai ce document dont j’ignorais l’existence, en rangeant des placards. Il dormait sous une pile de livres, enfoui, oublié, plus ou moins rongé par les souris… Intriguée, je l’ai lu, découvrant un pan de la vie de mon grand-père dont je ne savais pas grand-chose. Grande lectrice de Bernanos et Mauriac, j’ai retrouvé beaucoup et du style et des tourments de ces deux écrivains. J’ai donc décidé de le confier à la Société des Écrivains qui a accepté de le publier. Cette initiative n’a rien d’intéressé : c’est simplement un hommage rendu à mon grand-père que j’admirais pour son érudition et sa gentillesse. L’ouvrage mérite d’être lu, mais surtout, il réhabilitera à mes yeux, un homme mal récompensé, de son vivant, de ses nombreux talents, en raison de choix de vie malheureux pour son bonheur personnel. C’est une reconnaissance posthume, en quelque sorte, du moins, tel est mon espoir." Souhaitons que cet appel soit entendu car l'oeuvre de François Guého, peintre mais aussi écrivain de talent, le mérite assurément.




*  : nous hésitions alors avec entre Guého et Guéno
La Pierre d'achoppement aux éditions Société des écrivains, janvier 2016.

lundi 6 janvier 2020

dimanche 15 décembre 2019

Robert RAYMOND (1891 - 1946)


  
   Un lecteur nous apportait récemment de précieux éléments sur l'état civil du peintre Robert RAYMOND. L'artiste est né le 15 mai 1891 à Paris dans le 4ème arrondissement et décèdera le 15 août 1946 à Saint-Viaud en Loire Atlantique à l'âge de 55 ans. Si son second prénom reste un sujet de débat entre Maurice et Marie, une recherche internet sur son lieu de disparition nous apprend que l'artiste fut l'objet à l'initiative de ses descendants d'une large rétrospective en septembre 2016. Nous reproduisons ici l'article que lui consacra à cette occasion Ouest France. Nous y joignons quelques oeuvres de ce peintre talentueux attaché à la Bretagne et la région de Douarnenez.


Robert Raymond, un impressioniste à Saint-Viaud 

À l'occasion des 70 ans de sa disparition, François Raymond dévoile la collection de peintures de son aïeul, Robert Raymond. Ouvert au public pour les Journées du patrimoine, le manoir familial du Plessis-Mareil sera également le lieu d'une exposition consacrée au peintre impressionniste. "Nous avons réussi à réunir une cinquantaine d'oeuvres dispersées dans notre famille pour l'occasion". "Mon grand-père est né en 1892. Il fut l'élève de Fougerat à l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes, où il partageait les premiers prix avec son ami Charles Perron. Il passa sa jeunesse au Plessis-Mareil, mais sa carrière professionnelle se déroula à Nantes. Il a beaucoup peint la Bretagne où il rencontra le peintre parisien Désiré-Lucas, qui lui apporta beaucoup. Il exposa à Paris au Salon des artistes français où il obtint la médaille d'argent en 1934 et la médaille d'or en 1938. Cette même année, le Prix Corot lui fut également décerné. Fuyant les bombardements de Nantes, il se réfugia au Plessis-Mareil en 1943 et mourut en 1946".


lundi 11 novembre 2019

Anna SNELLMAN (1884 - 1962)




   Anna SNELLMAN naît le 18 mai 1884 en Carélie dans la ville de Vyborg. L’enfant voit le jour dans une famille bourgeoise et cultivée où son père Anders (1848 - 1911) est juriste et membre du Sénat. Son grand-père Johan (1806 – 1881), homme d’état anobli en 1866 et éminent philosophe, aura été un grand défenseur de cette future Finlande dont l’indépendance ne sera acquise qu’en 1917 après plus d’un siècle de souveraineté russe. Anna débute l’apprentissage des arts à Vyborg avant de rejoindre la Suomen Taideyhdistys, Société des Arts Finlandaise à Helsinki. Elle y fait sa première exposition avant de rejoindre Paris en 1913. La jeune femme de 29 ans décrit dans une peinture colorée la douceur des parcs de la capitale.




Anna se marie en 1916 avec le philosophe et psychologue finlandais Eino Kaila (1890 - 1958). Ce professeur des universités puis futur académicien marquera la vie intellectuelle du pays. Le couple aura un fils Olli (1918 - 2014). Anna Snellman expose à l’étranger régulièrement : à Copenhague en 1919, à Stockholm et Oslo en 1929, puis aux Pays-Bas et en Belgique en 1931. Ses sujets sont variés mais feront place progressivement à une peinture d’intérieur où les scènes florales réalisées au pastel ou à l’huile prédomineront. Les paysages et les portraits sont plus rares mais révèlent la maîtrise de cette artiste polyvalente, discrète et talentueuse. 



Dans la Revue du vrai et du beau du 10 septembre 1928, le célèbre critique d’art André Mellerio (1862 - 1943) évoque l’artiste en des termes laudatifs. "Un sentiment d'intimité marqué et saisissant règne dans les Intérieurs dus à la remarquable artiste : Anna Snellman. Celui, intitulé Albo Sot, qu'elle envoie à l'exposition d'Helsingfors, ne ment pas à la tradition et se distingue, à la fois, par la poésie qu'il dégage et la luminosité, aussi savante que bien ménagée, qui l'enveloppe. Après avoir fait ses études à Helsingfors, comme élève de l'Athénéum, et, plus tard, à Paris (1913) à l'Académie Moderne, l'artiste, dans cette dernière école, suivit les conseils de Charles Guérin (1875 - 1939) qui eut une grande influence sur son développement esthétique. Elle exécuta, ensuite, des voyages en France et en Italie pour y étudier les vieux maîtres. Depuis six ans, Anna Snellman habite Abo, où son mari, Eino Kaila, est professeur de philosophie à l'Université. Au cours des six dernières années, le peintre a été principalement occupée par des commandes de portraits à l'huile et au pastel, ce qui l'a énormément intéressée ; car l'étude de l'âme et du caractère des différents modèles l'attire et fournit un piquant nouveau à chaque ouvrage successif. En même temps, Anna Snellman s'est éprise d'un vieux château situé à Abo, et dont une partie est transformée en Musée historique. Ces intérieurs ont une beauté inépuisable, non seulement par suite du décor, mais surtout à cause de la lumière et du clair-obscur qui les enveloppent. Le peintre excelle dans l'interprétation de ces effets aussi subtils que distingués. Avec une conscience scrupuleuse, elle les observe pour les traduire avec toute l'expressivité profonde de son âme. Elle se montre puissamment inspirée du passé, et cherche à lui conserver tout ce relent de poésie que les siècles ont si fortement imprimé au cœur même de ces antiques choses, devenues, par le fait, de précieuses reliques." Le 5 avril 1962, Anna Snellman s’éteint à Helsinki dans sa 78ème année.