jeudi 23 décembre 2010

Henry Bayley SNELL (1852 - 1943)


  
   Henry Bayley SNELL est né en 1858 en Angleterre. Sa famille émigre aux Etats-Unis alors qu’il n’a que 17 ans. Il démarre sa formation artistique à New-York à The Art Student League tout en travaillant en parallèle. A 30 ans, il se marie avec l’artiste britannique Florence Francis et sur les recommandations de leur ami et artiste William Lathrop (1859 - 1938), le couple s’installe à New Hope en Pennsylvanie. L’endroit sera le centre d’une petite communauté d’artistes impressionnistes adeptes du pleinairisme. A compter de la fin des années 80, les expositions d’Henry Snell à Boston, Philadelphie, Chicago sont couronnées de succès et saluées par des prix. En 1898, il devient professeur à The Philadelphia School of Design for Women (PSDW) et joue un rôle important dans le développement des carrières artistiques féminines aux Etats-Unis.


Le couple d’artistes voyage énormément, visitant les côtes de Cornouailles en Angleterre, la France, l'Espagne et l'Italie mais aussi le Canada et l'Inde. Henry Snell travaille le fusain, l’aquarelle, l’huile avec une préférence pour les thèmes maritimes. Il créera d’ailleurs un cours d’art à Boothbay Harbour dans le Maine. L’artiste est prolifique. En 1911, il expose pas moins de 169 peintures à The Macbeth Gallery à New-York illustrant ses nombreux voyages. Couvert d’honneur et titulaire de fonctions prestigieuses au sein des académies d’arts de la côte Est, Henry Snell s'éteint en 1943 à l’âge de 85 ans dans sa ville de New Hope.

 

La Galerie Gratz en Pennsylvanie présente une rétrospective du travail d'Henry Snell. Vous retrouverez sur leur site une biographie étendue ainsi que de nombreuses oeuvres de l'artiste (http://www.gratzgallery.com/).


Amédée Julien MARCEL-CLÉMENT (1873 - ?)



   Amédée Julien MARCEL-CLÉMENT est né à Paris en 1873. Les données biographiques sont peu nombreuses. Le compte-rendu du Salon des Beaux-Arts de 1898 évoque un élève de Jean-Jacques Henner (1829 - 1905) en ces termes : "M. Marcel Clément, expose un intérieur de café où des joueurs de billard se meuvent dans l'atmosphère avec une justesse d'attitude, une vérité de coloration qui font de ce petit tableau de genre une des toiles les plus intéressantes de l'exposition. Mais j'abhorre les compositions […]". Sans doute s’agit-il des débuts de cet artiste. Amédée Marcel-Clément exposera à la Société Nationale des Beaux-Arts (SNBA) en 1903 et ultérieurement au Salon des Indépendants. Un paysage est acquis par l’Etat en 1911 lors d’une exposition aux Galeries Georges Petit. D’autres œuvres seront achetées dont la dernière, Fin de journée aux acacias en 1923. L’artiste figure aujourd’hui dans quelques musées français. Dans les années 1913 et 1914, Amédée Marcel-Clément exposera également en Angleterre à Liverpool et en Ecosse à la Royal Scottish Academy.



Amédée Marcel-Clément illustre par ses sujets des scènes de la vie parisienne mais son genre de prédilection sera les marines réalisées en Manche (Granville, Cancale), sur les côtes Atlantique (Concarneau, Quiberon, Groix, Préfailles,…) mais aussi en Méditerranée (Nice). Leur trait commun est cette lumière voilée dans des cieux chaotiques permettant à l’artiste de jouer avec virtuosité sur les clairs-obscurs. Jeux d’ombres et de reflets de lumière, les toiles d’Amédée Marcel-Clément relèvent presque d’un univers onirique. La palette chromatique volontairement réduite fera dire au critique de la Revue des Beaux-Arts dans un compte-rendu du Salon de 1926 ; "Marcel Clément, avec ses toiles presque monochromes, ferait mieux peut-être de transcrire ce qu’il a à dire en xylographie". Au-delà de cette remarque réductrice, l’œuvre d’Amédée Marcel-Clément rencontre aujourd’hui un intérêt marqué. Par leur tonalité, ses tableaux ne sont pas sans rappeler certaines marines de Winslow Homer (1836 - 1910).

 

vendredi 17 décembre 2010

Léon Gustave RAVANNE (1854 - 1904)



   Léon Gustave RAVANNE est né à Meulan en 1854 dans une famille modeste. Son père est boucher. Il est difficile de dire d'où lui vient cette vocation artistique. Peut-être tout simplement d'un talent naturel et précoce ? Il sera l'élève de Léon Bonnat (1833 - 1922) et expose au Salon dès 1880 sous la signature de Gustave Ravanne. Le succès sera assez rapide avec une mention honorable en 1887 et une médaille de bronze à l'Exposition Universelle de 1889. A compter de ces dates, sa renommée ira grandissant. L'Etat acquiert ses oeuvres dans le début des années 90 et il reçoit le prix Raigecourt-Goyon en 1894. 


Gustave Ravanne est un peintre de marines reconnu. Il devient Peintre Officiel de la Marine (P.O.M) en 1896 et reçoit la Légion d'Honneur en 1900. Malheureusement en 1904, il dècède à l'âge de 50 ans dans son atelier des Mureaux. Sans descendance, son épouse Alexandrine disparait 26 ans plus tard en 1930 et pas moins de 188 tableaux seront dispersés lors d'une vente aux enchères l'année suivante.


Beaucoup de passionnés* travaillent aujourd'hui pour donner à Gustave Ravanne une place digne de son talent. Cet artiste qui a peint de nombreuses toiles fut aussi un photographe prolifique. Espérons qu'un jour  une grande rétrospective permette de découvrir toute la richesse de son oeuvre.


* : retrouvez le blog consacré à Gustave Ravanne ainsi que la biographie écrite par Madeleine Arnold Tetard sur les sites suivants : http://gustave-ravanne.over-blog.com/ et  http://histoiremantois.canalblog.com/archives/2009/08/23/14821717.html

mercredi 15 décembre 2010

Marie RÉOL (1880 - 1963)


Marie Réol et Louis Marie Désiré-Lucas
vers 1914
  
   Au-delà d'être l'élève, l'amie et plus tard l'épouse du maître Louis Marie Désiré-Lucas (1869 - 1949), Marie RÉOL fut une artiste de talent. Née en 1880 dans le Cantal, elle monte à Paris débuter sa formation artistique auprès de Désiré-Lucas et expose au Salon des Artistes Français à partir de 1908. Elle suivra l'artiste toute sa vie à la fois dans ses voyages et ses expositions. Ce sera la seule femme appartenant au Groupe des Dix où figuraient entres autres Jules Adler (1865 - 1952), Ernest Quost (1844 - 1931) ou Louis Jourdan (1871 - 1948).

 
Une critique parue le 1er février 1926 dans La Revue des Beaux-Arts lors de l'exposition du Groupe des Dix à la Galerie Dujardin de Roubaix cite en conclusion l'artiste  : "Quant à Marie Réol, égarée parmi ses confrères, nous n'en dirons rien parce que c'est une femme et que nous n'aimons pas juger les femmes entre hommes". Sentence révélatrice en ces temps à la fois de la brutalité de la critique, et d'une vision de la femme, artiste illégitime.  


Près de 80 ans plus tard, la ville de Douarnenez rendra dans une exposition un très bel hommage à cette artiste discrète que fut Marie Réol. Aux côtés de ses renommés bouquets de fleurs, Marie Réol sut exprimer un même talent dans le portrait, les paysages, les scènes de genre ou les marines. Bien évidemment, on retrouve dans son oeuvre l'empreinte de son compagnon de vie et de chevalet, mariage d'un dessin très sûr à de subtiles lumières en demi-teintes. Marie Réol décèdera quatorze années après Désiré-Lucas en 1963. Ils reposent tous deux au cimetière de Ploaré à Douarnenez. 

  

Citons l'exemplaire travail sur le couple de l'historienne de l'art Marie-Paule Piriou auteur du livre Désiré-Lucas aux éditions Palantines.  

jeudi 9 décembre 2010

Georges Albert Etienne BELNET (1876 - ?)

    
   Attaché à l’Ecole Française, Georges Albert Etienne BELNET fut dessinateur, décorateur, aquarelliste, peintre et affichiste. Il est né à Dijon en Côte d'Or en 1876 et a oeuvré au XXème siècle. Incorporé le 4 août 1914, il illustra l’ensemble de la première guerre mondiale. Une de ses oeuvres L'Ambulance est reproduite dans le New York Times du 5 décembre 1915 qui évoque l'exposition Artistes soldats dans les Tranchées organisée par le Museum of French Art. L'article vante la sincérité et la rigueur des travaux présentés ne jouant ni sur les sentiments, ni sur l'horreur pour décrire la  guerre. Les aquarelles et dessins du front de Georges Belnet feront l’objet d’une exposition aux renommées Galeries Georges Petit en 1918 (photo ci-dessus). Il fait également partie des peintres de guerre exposés à Washington la même année.
Hormis cette parenthèse de quatre ans, il sera sociétaire des Artistes Français et présentera au Salon des paysages parisiens entre 1912 et 1920 mais aussi un paravent au Salon d'Automne de 1924. Georges Belnet peint la ville de Paris, la Bretagne et la Corse où il résidera. Il illustre le Grand Prix de Corse de 1921 (ci-dessous) ou l'agenda PLM (Paris Lyon Marseille) de 1924.  
Le tableau peint ci-dessous en 1922 à Kérity représente un cortège de femmes cheminant vers le cimetière pour un enterrement. Elles portent les mantelets de deuil dont la capuche était normalement rabattue sur la tête pour les proches parentes des défunts et rejetée sur le dos pour les autres. Un ciel lourd accentue le caractère tragique de la scène. Kérity, port de pêche du pays bigouden est sans doute frappé par la disparition d'un de ses bateaux. Nous savons que les campagnes de pêche en ce début de XXème furent des plus meurtrières. On reconnaît sur ce tableau la coiffe de Kérity et son noeud caractéristique. Qui sont ces ombres ? Où partent-elles ? Dans cette peinture presque énigmatique, Georges Belnet suggère le deuil plus qu’il n’en détaille l’expression. Notre regard butte à dessein sur le dos de ces femmes qui nous interdisent comme par pudeur l’accès à la scène. Avec leur pas pressés, ces femmes partent communier à la douleur d’un groupe dont le peintre n’est pas.

mardi 7 décembre 2010

René ESCHAPASSE (1905 - 1957)



   René ESCHAPASSE est né en 1905 à Nantes. Jean Le Brun, ancien Directeur du Lycée de Chantenay où enseigna René Eschapasse, écrira ces mots après sa disparition en 1957 soit à l’âge de 52 ans : « René Eschapasse, ancien élève du Lycée de Nantes, enseigna à Dinan, Quimper et, après la Libération, à Nantes, au lycée Clemenceau, ainsi qu’à Jules Verne et à Chantenay. Il fut également un temps directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes. Plusieurs fois lauréat du Salon des Artistes Français, il laisse une oeuvre importante: dessins, aquarelles, gouaches, huiles, etc …, oeuvre appréciée pour la sobriété du trait, le dégradé des teintes, l’harmonie des couleurs, la vie des personnages. Ses nombreuses toiles sur Nantes constituent une documentation précieuse sur les quartiers de la ville et leur atmosphère : les quais, les bateaux-lavoirs, l’animation du fleuve, le pont à transbordeur, la cathédrale… Il aimait peindre la mer bretonne, ses îles, ses ports avec les marins au travail. Son pinceau rendit avec émotion la beauté des ciels changeants, limpides ou tourmentés. Du Midi, il rapporta des toiles ensoleillées : petits villages aux toits de brique, procession du Vendredi Saint à Séville. Il laisse aussi des portraits où se reflète la vie intérieure des modèles. Il est regrettable que sa trop grande insouciance le détourna de rechercher la notoriété qu’il méritait. Aujourd’hui, de nombreuses familles nantaises se félicitent de posséder les plus belles de ses toiles. Les proches de René Eschapasse regrettèrent un ami, dont ils goûtaient l’esprit et la joie de vivre. »

Pardon à Notre-Dame de la Joie

Jean Le Brun conclut dans un nota bene fort juste : « On peut se demander pourquoi des peintres de talent, tels que Jules Ponceau (1881 - 1961), René Eschapasse et tant de leurs collègues, n’eurent pas l’audience qu’ils méritaient, bien au-delà de leur région. Je pense que, leur profession leur assurant la subsistance, ils peignaient pour le plaisir, vendaient facilement leurs tableaux dans leur entourage s’ils le souhaitaient, sans avoir recours aux galeries d’exposition qui aident à faire les réputations. »
Petit fils de l’artiste, Baudouin Eschapasse travaille actuellement sur le catalogue raisonné de l’oeuvre de son grand-père. N'hésitez pas à le contacter à ce titre (blog : http://eschapasse.blogspot.com/ , site : http://www.eschapasse.fr/, mail : baudouin(a)eschapasse.fr ).

lundi 6 décembre 2010

François GUÉHO

  

   François GUÉHO est un peintre français du XXème d’origine bretonne. On lui doit plusieurs peintures ayant pour sujet Quiberon, Concarneau ou la forêt de Paimpont. Peintre académique, François Guého s’inscrit dans le mouvement réaliste où l’artiste décrit ce qu’il voit de la vie des hommes dans toute sa vérité. Il l’illustrera par les quelques oeuvres qui nous sont connues comme ces toiles En attendant le retour du pêcheur, Intérieur de moulin à vent (photos ci-dessus) ou cette scène de pardon autour d'une chapelle bretonne (ci-dessous).


samedi 4 décembre 2010

Robert Maurice RAYMOND


  
   Robert Maurice RAYMOND est un peintre français du XXème siècle né à Paris. Elève de Joseph Castaing (1860 - 1918) et Emmanuel Fougerat (1869 - 1958), il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français de Paris de 1926 à 1939. Robert Maurice Raymond y fut sociétaire hors-concours et obtint une médaille d'argent en 1934, une médaille d'or en 1938 et le prix Corot la même année pour une toile intitulée Les toits de Tréboul. Robert Maurice Raymond a vécu à Nantes et a principalement travaillé en Bretagne. Ses toiles de la région de Douarnenez sont nombreuses et il semble que l'artiste ait trouvé une certaine inspiration auprès de Louis-Marie Désiré Lucas (1869 - 1949) à la fois par ses sujets (la hêtraie des Plomarc'h ci-dessus, la baie de Douarnenez, Locronan) mais aussi au niveau de sa technique picturale.


Irène BARSIN (1917 - 2004)


   Irène BARSIN est née en 1917 à Liège où elle sera plus tard élève à l’Académie des Beaux-Arts. Formée par le peintre, dessinateur et graveur Paul Daxhelet (1905 - 1993) ancien élève de l’Académie Julian, Irène Barsin côtoiera également les artistes liégeois Robert Crommelynck (1895 - 1968), Albert Lemaître (1886 - 1975) et Adrien Dupagne (1889 - 1980). En 1945, Irène Barsin reçoit le prix « Art Jeune » de la ville de Bruxelles. Auprès de Ludovic Janssen (1888 - 1954), elle perfectionne sa technique. L’état belge, la ville et province de Liège acquièrent ses œuvres (respectivement en 1949, 1951 et 1952). Peintre figuratif, Irène Barsin réalisera essentiellement des paysages et des natures mortes, illustrant la Campine, mais aussi au gré de ses voyages, la Bretagne ou la Provence. Elle fut particulièrement attachée à sa ville de Liège où elle enseigna dans son atelier le dessin et la peinture. Irène Barsin décède en 2004.


Irène Barsin retranscrit parfaitement dans cette marine la Mer du Nord avec ses teintes opalines. Le vent est ici palpable. Le ciel turquoise, couleur souvent présente dans l’œuvre d’Irène Barsin, se reflète dans les bâches, ces bras de mer qui vivent au gré du flot et du jusant des marées.

Frans HENS (1856 - 1928)

  
   Le parcours de Frans HENS fut des plus originaux. Fils d’un boucher, il est né à Anvers en 1856. Il se forme au début des années 1870 à l’Académie d’Anvers auprès du peintre Jacob Jacobs (1812- 1879). Peu enclin au classicisme, il quitte la Belgique pour les Etats-Unis en 1873 à l’âge de 17 ans. Frans Hens essaie postérieurement de rejoindre le Congo en cherchant à se faire embaucher par l’Etat indépendant mais sans succès. De son chef, il s’y rend en 1886 puis les années suivantes. Ses œuvres illustrant l’Afrique sont exposées à Bruxelles et Anvers dans les années 1889 et 1890 et rencontrent l’intérêt du public lors des Expositions Universelles. Mais ce sont ses marines notamment ses vues de l’Escaut qui personnifient le mieux Frans Hens. Comme dans les deux œuvres ci-dessous où poussés par le vent, des voiliers anguleux rejoignent la pleine mer, Frans Hens créé avec un dessin dépouillé une peinture de grande sensibilité. Il s’éteint à 72 ans après avoir été dans ses dernières années professeur à l’Institut National Supérieur des Beaux-Arts d’Anvers.


vendredi 3 décembre 2010

Ernst Walter ZEISING (1876 - 1933)


  
   Né à Leipzig en 1876, Ernst Walter ZEISING fut élève à l'école d'arts décoratifs de cette même ville. Il étudia aux beaux-arts de Munich auprès de Gabriel Von Hackl (1843 - 1926) et à ceux de Dresde auprès de Carl Bantzer (1857 - 1941) et Gotthard Kuehl (1850 - 1915).


Vers 1905, les Beaux-arts de Dresde lui octroient une bourse qui lui permet d’entreprendre un voyage en France qui dure quatre années. Il réside à Paris et voyage en Bretagne. Ernst Walter Zeising s'installe à Dresde à partir de 1910. Penchant pour l'eau-forte, il réalise des vues de Dresde, d'Hambourg, de Leipzig et de Paris. Il passe la première guerre mondiale sur le front en tant que dessinateur de guerre comme de très nombreux artistes*. Son histoire rejoint celle de la Section Artistisque belge (voir l'article sur André Lynen) ou celle d'artistes français comme Mathurin Méheut (1882 - 1958) ou Georges Belnet. Même si les oeuvres présentées s'éloignent parfois du réél travail d'illustration de la guerre, l'exposition La Couleur des Larmes réalisée lors de la commémoration du 80ème anniversaire de l'Armistice rendra un très bel hommage à ces artistes**.
L'historien d'art Albert Vuaflart (1871 - 1927) cite en des termes élogieux l'artiste dans ses notes iconographiques : "La précieuse eau-forte originale du graveur allemand Walter Zeising : Le Port d'Auteuil (photo ci-dessous) que publie la Revue de l'Art ancien et moderne d'avril 1908, montre combien les artistes étrangers sentent et savent traduire les beautés de notre cité. En aval du pont de Grenelle, la Seine poursuit son cours laborieux sous l'égide de la Liberté éclairant le monde, et l'exagération du premier plan, en donnant à l'ensemble une grande profondeur, ramène à d'harmonieuses proportions les utilitaires manifestations de l'art de l'ingénieur." Ernst Walter Zeising décède en 1933 dans la ville de Dresde qui conserve aujourd'hui dans son Musée des Beaux-Arts certaines de ses œuvres.


* :  Sur ce sujet, nous vous recommandons le livre Mathurin Méheut 1914 - 1918, des ennemis si proches écrit par les descendants de l'artiste Elisabeth et Patrick Jude, Editions Ouest-France.

mercredi 1 décembre 2010

Jo. COAT (1897 - 1969)


  
   Jo. COAT est un peintre breton du XXème originaire de Douarnenez en Finistère. Il y décèdera en 1969 après une carrière de professeur de dessin au Lycée de Douarnenez. Son épouse fut quant à elle modiste. L’œuvre de Jo. Coat fut essentiellement inspirée par sa ville. Le port du Rosmeur, le bois des Plomarc’h, la chapelle Sainte-Hélène furent ses sujets de prédilection. Jo. Coat est à ce titre le digne héritier de cette génération d’artistes qui oeuvrèrent dans la ville au début du XXème et au premier rang duquel figure Louis Marie Désiré Lucas (1869 - 1849) avec qui il travailla. Douarnenez restera une source d'inspiration pour de nombreux artistes comme Yves Floc’h (1906 - 1990), Robert Maurice Raymond, Marcel Le Doaré, Léo Pernes et plus proches de nous Réné Quéré ou Fanch Moal.

dimanche 28 novembre 2010

Concours pour le Prix de Rome 1893

  
   A l'heure de l'exposition Monet, nous ne résistons pas à l'envie de vous donner le sujet de peinture du Prix de Rome 1893 soumis aux dix logistes. "Donc, ayant pris Samson, les Philistins lui arrachèrent les yeux et, l'ayant mené à Gaza, ils l'enfermèrent dans une prison où ils lui firent tourner la meule d'un moulin et où, surveillé par un gardien, il subissait les railleries et outrages de la foule." Voilà qui dérouterait plus d'un étudiant aux Beaux-Arts. Pour l'histoire, l'heureux vainqueur à l'approbation unanime de l'Ecole et du public nous relate la revue L'Oeuvre d'Art, fut Maurice Mitrecey. Ce prix n'allait guère porter chance au lauréat décédé un an plus tard en 1894.

vendredi 26 novembre 2010

Emma SIROT (1879 - ?)

  
   Emma SIROT de son nom de jeune fille Duthoit, est née le 1er août 1879 à La Madeleine dans le Nord. Elle sera l’élève de M. Bourgogne aux Ecoles Académiques de Douai et passera avec succès ses Certificats d’Aptitude à l’Enseignement du Dessin dans les Ecoles Normales, les Collèges puis les Lycées (1er degré et degré supérieur). Elle épousera Henri Sirot, architecte et peintre né à Valenciennes, qui deviendra à partir de 1902 l’architecte de la ville de Douai pendant 25 ans. Le couple y fera toute sa carrière ; Henri Sirot en tant que professeur d’architecture des Ecoles Académiques et Emma Sirot en tant que professeur à l’Ecole des Beaux-Arts. Emma Sirot exposera au Salon des Artistes Français tout comme son mari, 1er Second Grand prix de Rome en 1899 et Médaille d’Or 2ème Classe. Le couple sera honoré des Palmes Académiques. Si Emma Sirot travaille principalement la peinture à l’huile mais aussi l’illustration (photo ci-dessous), son mari a une préférence pour l’aquarelle. Les sujets sont fréquemment communs au gré des voyages du couple ; Semur-en-Auxois, Collioure, Bruges et son béguinage, et la Bretagne où ils se rendront plusieurs fois (1908 et 1930). Bien évidemment, de nombreuses œuvres ont pour sujet leur ville de Douai où le Musée de la Chartreuse conserve une nature morte d’Emma Sirot exécutée en 1906 et acquise en 1946 (Cuivre et vieux livres).


Dans La Revue des Beaux-Arts n°429 du 1er avril 1925, aux pages Courrier des Départements, le chroniqueur Paul Dervaux écrira au sujet du Salon de Douai : "[...] Le nombre de toiles n'étant pas limité nous remarquons une quantité d'oeuvres signées Sirot. Que de Sirot ! Il nous fut répondu qu'il y avait Sirot et Sirot. Il n'est pas déplaisant de voir tant de tableaux de Mme Emma Sirot, car ils sont tous bons, ce professeur possède un bien joli talent, et ce qui ne gâte rien, c'est une patriote que les Allemands trouvèrent bon d'emmener en captivité dans leur pays pendant la guerre. Cour de l'infirmerie, doit être bien agréable pour les malades, vu avec l'oeil du peintre ; la finesse du rouge du mur met en valeur la beauté des verts qu'éclaire un rayon de soleil, c'est plus qu'adroit, c'est artistique. Une place à Boulogne, est indiquée sur nos notes avec ce simple mot : admirable ! et Entrée du square Jemmapes porte comme critique ; très fin, fort délicat. Henri Sirot peint des aquarelles, qui elles aussi sont fort distinguées et dont les sujets bien mis en page ont de la séduction. Entrée de ferme, Les Tinselleries, Le port de Boulogne. Il est de mode à Douai de faire de la peinture de paire ; nous avons encore deux Aimé. [...]".    


Réalisée à l’été 1930, la peinture ci-dessous a pour thème la fin des moissons à Saint-Jean-du-Doigt en Finistère. Les champs recouverts de dizeaux surplombent la plage de ce village du littoral trégorois. Dans cette composition, Emma Sirot fait se rejoindre les deux Bretagne de l’Armor et celle de l’Argoat.


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