dimanche 20 février 2011

Carl Vilhem HOLSØE (1863 - 1935)



      Carl Vilhem HOLSØE est un peintre de l’école danoise né en 1863 dans la ville d’Aarhus. Dès 1882, il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Conpehague et suit à partir de 1884 le cours des Ateliers libres de Peder Severin Krøyer (1851 - 1909) célèbre peintre du groupe de Skagen. Carl Holsøe fréquente Peter Ilsted (1861 - 1933) et Vilhem Hammershøi (1864 - 1916) avec qui il formera l’élite de la peinture danoise de cette fin de XIXème. Exposant en marge du Salon officiel de Charlottenborg, les trois peintres, membres du groupe Den Frie Udstillung deviendront les maîtres de la peinture d’intérieur. Leurs toiles seront le brillant prolongement du travail des maîtres hollandais du XVIIème qu’ils admirent et notamment Johannes Vermeer (1632 - 1675) alors redécouvert.


Carl Holsøe adopte ce genre pictural dès 1886 et rencontre un succès rapide tant au Danemark qu’en Suède. Il exposera continuellement pendant trente ans à Charlottenborg recevant pas moins de trente-trois distinctions dont la fameuse médaille Eckersberg de l’Académie Royale des Beaux-Arts du Danemark. Carl Holsøe reçoit également une Mention honorable au Salon de Paris en 1889 et une médaille d’or à l’Exposition Internationale de Munich en 1891.


Les scènes peintes par Carl Holsøe baignent dans une lumière douce reflétée dans les vernis, l’argent ou le verre d’intérieurs bourgeois. Vêtue d’une robe sombre, une femme* au visage indistinct coud ou lit le dos légèrement voûté. Touchant au Symbolisme comme au Romantisme, les œuvres de Carl Holsøe témoignent avec mélancolie du temps qui passe et de la solitude. Dans les deux oeuvres ci-dessous, la maternité prend les mêmes accents de tristesse diffuse.
Après avoir été marié deux fois, Carl Holsøe décèdera en 1935 dans la ville danoise d'Asserbo.


* : Il s'agit souvent de l'épouse du peintre Emily Heise.

dimanche 30 janvier 2011

Gustav WENDLING (1862 - 1932)



   Gustav WENDLING est né en Allemagne en 1862 dans la petite ville de Büddenstedt. Il fait ses études artistiques à Brunswick puis intègre à dix-sept ans l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf où il aura pour maître le peintre romantique Eugène Dücker (1841 – 1916). Le New York Times nous apprend qu’il débarque du steamer Werra appartenant à la compagnie North German Lloyd le 4 avril 1886 en provenance de Brême. Peut être connaissait-il déjà une certaine notoriété pour que le quotidien soulignât son arrivée ? Il n’a pourtant que 24 ans. La raison de ce voyage nous est connue. Gustav Wendling rejoint Milwaukee où une colonie de peintres allemands travaille à la production de panoramas et cycloramas de la guerre de Sécession*. L’homme d’affaire d’origine allemande William Wehner a créé The American Panorama Company et recrute des peintres germaniques pour réaliser ces grandes fresques historiques qui vont connaître un fort engouement jusqu’au début du XXème. Le succès en Allemagne de celles illustrant la guerre franco-prussienne n’y est pas étranger. Gustav Wendling apparaît sur cette photo de 1886 avec un chapeau melon noir en compagnie de ses collègues devant le cyclorama The Battle of Chattanooga.


Après son retour à Düsseldorf en 1890, il continue de travailler sur ces œuvres monumentales et le panorama Blücher traversant le Rhin à Kaub sera vu lors de son exposition à Düsseldorf en 1902 par pas moins d’un demi million de visiteurs


Gustav Wendling réalise à la même époque ce très beau portrait du peintre Otto Shon-Rethel (1877 - 1949) qui fera partie du Sonderbund. Ce groupe de jeunes artistes contemporains de Düsseldorf se rendra célèbre pour ses expositions d’art où figureront de nombreux artistes d’avant-garde européens. En fond, Gustav Wendling fait figurer une de ses œuvres Dans l’église réalisée en 1898. En 1909, il s’installe à Brunswick. Avec une touche impressioniste, son oeuvre s'oriente vers des paysages et des marines peintes à Emden et en Hollande (ci-dessous).


Gustav Wendling prend se retraite en 1927 et décèdera cinq années plus tard dans la ville de Königslutter à quelques kilomètres de son lieu de naissance. Ses oeuvres sont présentes dans les musées allemands de Berlin, Düsseldorf et d'Essen.

* : vous retrouverez à l'adresse suivante http://www.atlantacyclorama.org/history.php l'histoire complète du célèbre cyclorama sur la bataille d'Atlanta. Le concours de Gustav Wendling à sa réalisation est fortement probable.  

dimanche 23 janvier 2011

Jean GOBAILLE (1895 - 1969)


L'arbre jaune

   Jean GOBAILLE est né en 1895 à Rennes. Sa formation artistique nous est inconnue et il semble qu'il fut également militaire de carrière. Son oeuvre est essentiellement régionale. Jean Gobaille peint sa ville de Rennes : le marché des Lices, la place Railler du Baty, la basilique Saint-Sauveur ou les quais la nuit (ci-dessous). Il illustre également les ports et plages de Bretagne tels que le Pouliguen, le Croisic ou Saint-Briac. Le premier achat de l'Etat remonte à 1923. 
 
 
La prière à la Vierge

Il expose en 1932 aux Galeries Jobbé-Duval à Rennes. L'Ouest Éclair en fait le compte rendu suivant dans son édition du 15 décembre : "[...] un de nos meilleurs artistes rennais, le peintre Jean Gobaille fait une exposition de ses dernières oeuvres ; l'Automne au Thabor, c'est ainsi qu'il a intitulé l'ensemble des toiles sur lesquelles il fait revivre, d'une façon éclatante, les plus beaux coins de notre merveilleux Jardin des Plantes". Cette même année l'état se porte acquéreur d'un pastel L'incendie de l'ancienne chapelle des calvairiennes à Rennes pris sur le vif en avril 1931 (ci-dessous).
L'artiste s'éteindra dans sa ville de Rennes en 1969.

George Herbert MACRUM (1875 - 1970)


  
   George Herbert MACRUM naît en 1875 à Pittsburgh en Pennsylvanie. Il fera ses études artistiques à The Art Students League de New-York. Cette école fut fondée l’année même de la naissance de George Macrum par un groupe d’artistes qui comptait de nombreuses femmes. L'enseignement s'y voulait en rupture avec celui plus académique et conservateur de la National Academy of Design. The League verra passer en tant qu’étudiants, enseignants ou conférenciers les plus grands noms des arts américains comme Winslow Homer, Man Ray, Norman Rockwell ou plus proches de nous Roy Lichtenstein et Mark Rothko. Vers 1902, George Macrum y débute sa formation. Il aura pour professeurs les artistes impressionnistes Franck V. DuMond (1865 – 1951) et Birge Harrison (1854 – 1929). John F. Carslon (1875 - 1947) qui partage son logement avec lui, le définira comme "a young bon vivant". Il expose dès 1908 à the Pennsylvania Academy et sera médaillé en 1911 (Appalachian Expo à Knoxville) puis en 1915 à la Panama Pacific Expo de San Francisco. Il semble que George Macrum ait trouvé rapidement sa place à The League car on le retrouve membre de jury d’expositions dès 1912. Il se marie avec la poétesse Grace Fallow Norton (1876 - 1956) et le couple part pour l’Europe. Plusieurs années durant, ils visitent la Cornouaille anglaise (ci-dessus Polperro Roofs), la Bretagne comme ces deux peintures des églises de Ploaré et Locronan en témoignent, Paris (Seine River View, 1920) mais aussi le sud de la France (Nice, Collioure) et l’Italie (Venise). 


A son retour, le couple s’installera à Sloatsburg au nord de New-York. L’artiste avec six autres peintres fait partie du groupe The Painter Friends qui expose dès 1917 à Rochester. George Macrum est particulièrement actif jusque dans les années 30 avec des œuvres illustrant la ville de New-York mais aussi l’activité portuaire des docks comme dans ces deux œuvres New York from New Jersey.


A partir de ces années et jusqu’à sa disparition en 1970, les oeuvres de George Macrum se font plus discrètes. Peut-être fort de sa riche expérience se consacra-t-il alors pleinement à son métier d’enseignant ?

vendredi 14 janvier 2011

Paul JOBERT (1863 - 1942)



   Paul JOBERT est né le 19 août 1863 à Tlemcen en Algérie. Sa formation est des plus solides car il sera l’élève de Jules Bastien-Lepage (1848 - 1884), du peintre orientaliste Benjamin Constant (1845 - 1902) et du Grand Prix de Rome de 1861, Jules Joseph Lefebvre (1836 - 1911). Paul Jobert connaît rapidement le succès. Si son œuvre comporte des portraits, les marines seront sa prédilection. Dès 1886, il devient Sociétaire des Artistes Français et à partir de 1888, expose au Salon de Paris. En 1889, âgé seulement de 26 ans, il remporte une Mention Honorable lors de l’Exposition Universelle de Paris. Les premiers achats de musées ont lieu à partir de 1893 dont le tableau Grandes manœuvres de l’Escadre du Nord qui lui vaut une médaille de 3ème classe.


En 1896, Paul Jobert expose à New-York à l’American Art Association puis l’année suivante, aux Galeries Knoedler. Cette même année 1897, l’exposition se déroule également à Philadelphie aux Galeries Caldwell. Plusieurs toiles intègrent les collections de Georges W. Elkins*. Après avoir reçu deux médailles, Paul Jobert est mis Hors Concours en 1897. La suite de sa carrière sera couronnée de lauriers : Peintre Officiel de la Marine, chevalier de la Légion d’Honneur en 1908 puis officier, Président de la Société Internationale des Peintres de Marines mais aussi Conservateur du Musée de Constantine.


Paul Jobert a également illustré la Grande Guerre. Il a 51 ans en 1914 et n’est donc pas mobilisé. Il accompagnera sur le front l’auteur-compositeur et chansonnier breton Théodore Botrel (1868 – 1925). Maurice Barrès dans la préface du livre paru en 1915 Les Chants du Bivouac nous explique ; Millerand a fait une jolie chose. Il a chargé Botrel de se rendre "dans tous les cantonnements, casernes, ambulances et hopitaux, pour y dire et chanter aux troupes ses poèmes patriotiques". Et depuis trois mois le bon chansonnier circule au milieu de nos troupes, amusées et intéressées […]. Le livre est illustré de 107 dessins à la plume de Carlègle (1877 - 1937) et d'un portrait de Botrel portant cette dédicace "au vaillant chansonnier des armées, au bon camarade Botrel, souvenir de notre campagne de Flandre, Paul Jobert".




La peinture de Paul Jobert a évolué avec le temps. Les grands tableaux aux sujets militaires laisseront la place progressivement à des toiles impressionnistes où les effets lumineux de brume, de soleils couchants et de reflets aquatiques sauront parfaitement se répondre. Londres, Dieppe, Honfleur, La Rochelle, Casablanca, Beyrouth, Terre-Neuve,… les toiles de Paul Jobert sont autant de témoignages de la passion de l’artiste pour la mer, ses voiliers et ses ports. L’artiste s’éteint en 1942 à l'âge de 79 ans dans la ville de Constantine en Algérie.

* : Pour la petite histoire, ce fils du grand collectionneur et banquier William Lukens Elkins lèguera en 1919 à Philadelphie ses collections évaluées alors à la modique somme de 2,5 millions de dollars.