samedi 30 octobre 2010

Marcel SAUVAIGE




Marcel SAUVAIGE et son épouse
Camaret
   Marcel SAUVAIGE est né à Lille. Son père Louis Paul Sauvaige, élève de Jean-Baptiste Corot et de Charles-François Daubigny, fut un peintre de marines et lui transmis sa vocation. Marcel Sauvaige fut l’élève du célèbre peintre Emmanuel Lansyer (1835 - 1893), lui-même élève de Gustave Courbet. Sociétaire des Artistes Français dès 1884, il figura au Salon de ce groupement avec plusieurs mentions (honorable en 1903, médaille de troisième classe en 1906).
Marcel Sauvaige peint essentiellement en Bretagne qu’il découvre vers 1890 au travers du petit port de Camaret en Finistère. La ville reçoit alors la visite régulière durant l’été du « roi des ciels », le peintre Eugène Boudin (1824 - 1898). En 1891, Marcel Sauvaige sera le premier à s’y implanter en faisant construire une maison sur le crête de Pen Hat dominant le Toulinguet. Son ami peintre Charles Cottet (1863 - 1925) l’y rejoindra. Camaret accueille alors une communauté artistique variée avec l’homme de théâtre André Antoine (1858 - 1943), le peintre Etienne Bouillé (1858 - 1933), les écrivains Gustave Toudouze (1847 - 1904) et son fils Georges-Gustave (1877 - 1974) mais aussi le poète Saint-Pol Roux (1861 - 1940) au destin tragique.


La peinture de Marcel Sauvaige est proche de celle de son ami Charles Cottet, une peinture d’ombres, aux lumières fragiles et rares. Les deux hommes peindront notamment le port de Camaret dans ses dernières lueurs que l’on retrouve dans Rayons du Soir de Charles Cottet (photo ci-dessous) et Le port de Camaret présenté par Marcel Sauvaige au Salon en 1903 *.

Charles COTTET, Rayons du Soir
Musée d'Orsay

Empreint de réalisme, le groupe que l’on appellera « la Bande noire », composé de Charles Cottet, Lucien Simon, André Dauchez et René Ménard, peint une Bretagne sombre et mélancolique à l’opposé de la peinture claire des impressionnistes et des nabis. Les sujets tournent autour de la vie des pêcheurs et de la rudesse de leur existence. Charles Cottet en témoignera lors de son séjour à Ouessant en peignant des scènes intimistes poignantes **. La forte dévotion régnant sur ces terres de Bretagne est alors un thème largement illustré.


*   : Collection privée Alphonse de Rothschild, don de 1903 au Château-Musée de Dieppe.
** : Gens d’Ouessant veillant un enfant mort, Musée des Beaux-Arts de Quimper.

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